La vie en jaunePar Bernard Fournol
Source : www.leblogauto.com
Avant la 1ère guerre mondiale, électriques ou acétylènes, les phares des premières automobiles émettaient une lumière blanche.
Dès lors, comment reconnaître les colonnes ennemies ? La France créera donc, après la grande guerre, une ligne Maginot lumineuse, interdisant les phares blancs et obligeant un port du jaune permettant de reconnaître les envahisseurs. Et nos voisins d'outre-rhin répliqueront…en interdisant le jaune !
Si le choix était avant tout militaire, certains diront que les fabricants d'ampoules ont tiré profit de cette barrière douanière ou que le service des mines pouvait ainsi faire barrage aux Sealed Beam américains. C'est vrai, mais le code européen de 1958, avec son faisceau lumineux sur le côté, contrairement au faisceau droit américain, balaye ce dernier argument. D'autres voix justifient ce jaune par une meilleure vision des reliefs, et un temps de récupération plus rapide pour lil, ce qui, scientifiquement, est une certitude.
Une particularité qui trouve un écho singulier dans les chemins de fer. La SNCF dote ses locomotives de 2 phares au lieu de 3 chez nos voisins européens. Les 3 phares qui évitent la confusion avec les automobiles n'ont pas lieu d'être dans l'hexagone, puisque routes et rails sont éclairés de différentes couleurs
A puissance égale, le blanc est pourtant autrement plus efficace, 26500 candelas/m2 contre 15000 pour le jaune et le 1er janvier 1993, la France abandonne ce dernier après plus de 70 ans de règne
Certains pays ont aussi été contaminés par le jaune, notamment le Japon ou les antibrouillards, jusqu'au milieu des années 90 se teintaient de jaune. Un choix dicté par la fonction, mais qui na pas résisté aux dernières générations de lampes.
Aujourd'hui tout le monde est rentré dans le rang, à l'exception des 24 heures du Mans ! Histoire de distinguer les plus lents dans la pénombre